dance. then, die.

Moi je suis censé dire quoi sur Mensch à force ? Je ne vais quand même pas vous ressortir à chaque fois l'histoire de la fois où j'allais voir Coming Soon, du temps où il y avait encore les tremplins Dandelyon sur les berges du Rhone le soir de la fête de la musique, quand tu pouvais y aller, c'est à dire quand les #TCL ne faisaient pas grève...

Bon comme je suis bien parti pour vous la raconter à nouveau, on va raconter la version courte. J'étais allé découvrir le "phénomène" Coming Soon (ouais bon, je sais). Et puis en fait je suis rentré chez moi avant le début de leur concert. Parce que j'avais été tellement hypnotisé par Vale Poher, qui passait avant, que j'ai décidé qu'on ne pourrait pas faire mieux ce soir là.

On fastforwarde quelques années après, et je me retrouve avec l'album de Mensch dans les mains. Entre temps, Vale s'est électrifiée, Vale Poher est devenue un trio, et puis un beau jour le trio est devenu un duo suite à la défection de la batterie. Malgré tout le bien que je pense toujours de Tauten et des deux ou trois concerts de la formule électrique que j'ai pu voir, l'album de Mensch me conforte dans ma conviction que c'est la meilleure chose qui pouvait leur arriver.

Parce qu'il n'y a pas que la batterie qui a viré dans Mensch. Il y a aussi tout ce qui pourrait être de trop. La réussite de cet album, c'est qu'il n'y a absolument rien qui ne soit pas indispensable. Vale Poher et Carine De Vita semblent avoir pesé chaque son, et réduit chaque chanson à l'essentiel. En dehors de la boite à rythme, rien qui ne soit pas Carine ou Vale. D'ailleurs il n'y en a que 8, dont deux que l'on connaît déjà, Island et Mystery Train, et qui n'ont heureusement pas bougé depuis le EP. Et c'est très bien comme ça. Il n'en faudrait pas plus. C'est sombre comme il faut, nerveux comme il faut, mélodieux comme il faut.

Même la chanson la plus vertigineuse de l'album, Goliath, est un monument de rage parfaitement dosée, une montée en puissance qui ne dérape jamais, et juste placée au milieu de la séquence. Vale pousse sa voix et sa guitare juste ce qu'il faut. Puis, l'album redescend, jusqu'au final, Sublime, le genre de final qui pousse le vice jusqu'à s'éteindre sur une note presque chuchotée, après laquelle on se sent obligé d'imposer une minute de silence avant d'écouter autre chose.