Episode 15 : Cancelled

J'ai créé un document un jour, listant tous les concerts que j'ai faits depuis 1997. Le premier de la liste étant Radiohead à la halle Rhénus à Strasbourg. Je mets cette liste à jour à chaque concert. Mais je ne vais pas vous la détailler, parce que ça ferait "j'y étais". Et il m'est venu une idée beaucoup plus intéressante.

Parce que deux noms auraient du s'ajouter à la liste la semaine dernière, et parce que, par un concours extraordinaire de circonstances qui fait que les 2 concerts ont été annulés, je vais vous parler des meilleurs concerts que je n'ai jamais faits. C'est mélangé, parce que l'ordre chronologique, c'est surfait.

Pheonix

Le 12 novembre, donc, j'aurais du voir Suede au Transbordeur, mais du à des circonstances logistiques indépendantes de leur volonté, la date est passée à la trappe. Je ne me fais pas d'illusion quant à sa reprogrammation.

2 jours plus tard, je devais voir Phoenix à la Halle Tony Garnier, mais Thomas Mars ayant perdu sa voix, c'est partie remise. J'aime la voix de Thomas Mars, et j'aime Phoenix d'amour, donc je ne leur en veux pas.

En 2000, je devais voir Oasis au Galaxie d'Amneville, mais Noel et Liam s'étant foutu sur la tronche quelques jours avant, le reste de la tournée européenne était annulé, le temps de trouver un guitariste pour remplacer Noel. Finalement, je les voyais le 21 juin, sans Noel, donc, sur la Place de la République à Paris. C'était mon premier concert d'Oasis, alors que je les suivais depuis 5 ans.

En 2009, j'ai voulu voir Blur aux Nuits de Fourvière, mais les places étaient déjà toutes parties avant l'ouverture de la Fnac.

En 1995, je devais voir R.E.M, toujours à Amneville. Manque de bol, c'était juste au moment où Bill Berry fut victime une rupture d'anévrisme. La tournée reprit... Mais à Paris uniquement.

En 1996, je voulais voir Oasis à Bercy, mais quelques jours avant, Noel avait décidé de rentrer chez lui, annulant toutes les dates restantes.

L'année suivante, j'aurais pu voir Oasis quelque part en France, mais la tournée fut arrêtée aux frontières à cause des grèves des routiers.

En mars 2007 je m'apprétais à voir Arcade Fire au Transbo, mais Win Butler avait perdu sa voix juste avant. Heureusement, la même année, ils passaient à Fourvière, et c'était grand.

En 2010, Pete Doherty... Ah bah merde, lui je l'ai vu dis donc !

En 2006, entre autres, j'étais venu à Rock en Seine pour Richard Ashcroft, qui ne daigna pas venir, remplacé par Kasabian à la dernière minute.

En 2003, j'aurais bien vu Oasis au Zenith de Nancy, mais ils décidèrent d'annuler parce que Liam devait tourner un clip. CE clip. Genre, ils n'auraient pas pu le tourner au Parc de la Pépinière.

En 2011, j'étais censé voir The La's à Rock en Seine, et j'ai vu Lee Mavers désaccordé et à l'ouest accompagné d'un gugusse à la basse. C'était quand même un peu magique, parce que, les chansons des La's quoi.

Au même festival, j'ai vu The Streets. Il pleuvait sur le Parc de Saint Cloud. Et tout à coup Mike Skinner nous a fait implorer la grande déesse des annulations de concerts, Amy Winehouse, qui venait de décéder quelques jours plus tôt.

La pluie est partie.

En je sais plus quelle année... 2008 ? Je voulais revoir Beirut aux Nuits de Fourvière, mais Zach Condon a viré son groupe juste avant. A la place on a eu Coco Rosie...

Le 28 août 2009 à RES ... Ouais, vous savez ce qui s'est passé ce soir là.

2 ans après je voyais Beady Eye au Casino de Paris, et je serais bien monté sur scène insulter Liam, mais en fait leur concert était top, alors j'ai rien dit.

Je re-re-re-re-reverrai Depeche Mode en janvier 2014 à la Halle, si un piano ne tombe pas sur la tête de Dave Gahan d'ici là. Mais je vais pas l'ajouter à la liste tout de suite...

Beady Eye, BE

Depuis la séparation d'Oasis, je n'avais encore rien écrit sur le sujet. D'abord parce que cette séparation dénuée du moindre professionnalisme m'avait complètement écoeuré du groupe pendant des mois, et puis parce que j'attendais que l'ère post Oasis dépasse le stade de l'album vaguement solo qu'on fait pour occuper le terrain. Les groupes qui se séparent font rarement de bons disques du premier coup.

Et le premier album de Beady Eye, Different Gear, Still Speeding, en était la preuve. Non pas qu'il soit mauvais, il y contenait quelques bonnes chansons, et même 2 ou 3 très bonnes. Surtout celles qui s'éloignaient un peu de la formule Oasis. Mais tout de même, ça sentait l'album vite fait, à partir de restes encore chauds de ce qui aurait pu faire partie du prochain album du groupe, complété par des titres de remplissage histoire d'arriver à 11 pistes.

Noel Gallagher, lui, l'avait joué plus finement. Son album solo était composé de chansons qu'il s'était déjà bien gardé d'enregistrer avec Oasis, sous le pretexte un peu limite que Liam ne parvenait pas à les chanter. Liam sait tout chanter à partir du moment où on écrit pour lui. Mais réécoutez les derniers albums d'Oasis, lisez les crédits, et vous remarquerez que Beady Eye et les Noel Gallagher's High Flying Birds existaient déjà. Noel gardait la plupart de ses compositions pour sa voix, et Gem et Andy Bell finissaient par fournir les meilleurs véhicules à la voix de Liam, quand il ne les construisait pas lui-même.

Le premier album de Beady Eye avait au moins cette qualité là : il donnait enfin, pour la première fois depuis... Definitely Maybe, en fait, l'occasion d'entendre un album où Liam interprêtait toutes les chansons. Et on n'a pas idée à quel point il est vital d'entendre cette voix sur toute la durée d'un album : quand on a Liam Gallagher dans son groupe, on tait ses envies de pousser la chansonnette.

Et Liam Gallagher méritait un meilleur écrin que ce premier album un peu bâclé pour ça. C'est ce que tente BE, et ce qu'il réussit plutôt bien. Parce qu'avec ce 2e album, les ex Oasis ont su faire ce qui s'imposait : embaucher un producteur qui n'a rien à voir avec leur univers. Dire que Dave Sitek pousse Beady Eye dans ses derniers retranchements serait franchement exagéré. Les 11 chansons de l'album restent tout à fait dans la veine de ce qu'on attend d'ex membres d'Oasis, sans aucune surprise. Les influences sont les mêmes, la répartition entre titres acoustiques et ceux plus rock est à peu de choses près la même que sur Different Gear, Still Speeding. Il y a bien quelques cuivres par ci et un pseudo sample des Zombies par là, quelques petits errements psychédéliques, et le single se termine par une tirade écrite par le Marquis de Sade, mais ça ne va pas plus loin que ça.

Non, là où Dave Sitek brille, c'est dans le son, c'est justement dans les moments où on sent qu'il a retiré, restreint, plutôt qu'empilé. Les meilleurs titres de BE ont cette retenue, ce côté cru dans la voix de Liam, dans les arrangements réduits au minimum. Et à vrai dire, même dans les morceaux les plus riches, on ressent cette économie, et ça donne à l'album une sorte de tranquilité, de force contenue, et même une certaine sensualité qui sied finalement très bien à la surprenante pochette - avait-on jamais vu la moindre référence sexuelle dans l'iconographie d'Oasis ?

C'est aussi une étonnante réponse au grand frère démissionnaire, davantage une déclaration d'indépendance décomplexée là où Different Gear Still Speeding était plus un preuve de survie. Les ballades jouent sur son terrain, le groupe prend un malin plaisir à faire ce qu'il n'aurait pas pu faire sous la main mise du "chief", et Liam y va de sa petite pique sur Don't Brother Me, mais à la Liam. Pas d'amertume à la Lennon, une main tendue avec humour. Genre : on s'éclate sans toi, bro, mais si tu veux revenir, on te refera une place, va. Oasis sera, certainement, à nouveau un jour. Mais ici et maintenant, Beady Eye EST, et a l'air de prendre son pied.

Phoenix, Bankrupt

L'idée de chroniquer un album de Phoenix se résume à faire un peu comme Phoenix, c'est à dire écrire à peu près la même chose tous les 3 ans. Rappeler par exemple que tous les albums de Phoenix sont sortis au printemps, ou au début de l'été, et que par conséquent, les meilleurs printemps sont ceux où sort un album de Phoenix. Parce qu'ils ont ce truc là. Ils savent sortir ces albums qu'on a envie d'écouter quand les beaux jours reviennent.

Le nouvel album de Pheonix, car tu écriras "Phoenix" P.H.E.O.N.I.X, et pas P.H.O.E.N.I.X, quoiqu'en dise l'Oxford English Dictionary, a donc une pression non négligeable sur les épaules, car faire d'un printemps aussi pourri quelque chose qui donne envie d'écouter Phoenix plutôt que Joy Division, n'est pas facile. D'autant plus que la barre a été placée très haut par l'album précédent. On aime Thomas Mars et ses gars, mais faire mieux que la nonchalence nostalgique de Rome, ou l'explosion de joie et de guitares du passage "hey hey hey hey hey" de 1901... Pas simple !

Heureusement, Phoenix fait partie de ces groupes qui peuvent tout se permettre, ayant fixé les règles très tôt. Dès leur premier album, même dès leurs premiers instrumentaux ou remixes pour Air, Phoenix a pris ses aises et imposé sa conception très large du bon goût (c'est à dire dépassant toutes les frontières de ce qu'on aurait considéré mauvais avant 1998), et une certaine habileté à jongler entre les styles, et surtout une facilité à systématiquement trouver la mélodie qui va bien, comme si c'était simple, comme si la voix de Thomas Mars pouvait passer sur tout.

Drakkar Noir

Du coup, aucun synthé n'est assez gros, aucun refrain assez californien, et aucune référence assez (faussement) vulgaire. Et puis on est en 2013, quoi. Il y a eu Drive. On peut y aller à fond. Et ça tombe bien parce que Bankrupt ne se refuse rien. Toujours produit par Philippe Zdar, l'album a la main lourde sur les synthés 80's, et le funk ripoliné à blaster dans la décapotable, sur Bel Air. Ou à Hong Kong, ou Tokyo. Parce que c'est l'autre tendance de Bankrupt : le synthé asiatique façon BO de jeu vidéo de kung fu.

Et c'est là leur génie : peu d'artistes arriveraient à placer ces influences et en faire quelque chose de bien, sans draper le tout dans un 43e degré à la Sebastien Tellier, ou en portant des masques de robots. Mais Phoenix y arrive avec une simplicité désarmante, et une intelligence, qui leur permet de jouer avec des références dangereuses, menaçant de leur péter à la gueule à tout moment : une des meilleures chansons de l'album a pour titre Drakkar Noir et sonne comme une virée en ski nautique, SOS in Bel Air pourrait être le titre d'une série produite par Aaron Spelling, Bourgeois implore un clip rempli d'affreux brushing 80's et de fringues flashy tourné en sale vidéo.

Till I die, till I die, till I die, till I die

Et quoi ? Les chansons sont toutes. TOUTES. Parfaites. Ces mecs ont juste un logiciel leur permettant d'aligner les bijoux pop, un logiciel qu'ils perfectionnent à chaque album : c'est toujours pareil mais en fait non. A tendre l'oreille on découvre des structures toujours plus complexes, des ruptures délicieuses qui leur permettent à tout moment d'appuyer sur le bouton off et de faire basculer leur bazar synthétique en mode folk minimaliste. Parce qu'ils ont des chansons derrière. On pourrait leur reprocher d'abuser de cet effet (ils font le coup 3 fois sur l'album), ou de nous refaire l'instrumental un peu électro qui vire ballade planante sur la chanson titre. On pourrait leur reprocher plein de trucs, d'ailleurs, de répéter leur formule sans trop se fouler, d'être beaux et riches, de continuer à donner des excuses à Sofia Coppola de faire des films où des gens s'ennuient sur leurs chansons... Mais vraiment, pourquoi ferait-on une chose pareille à un groupe qui rend nos printemps moins pourris ?

Episode 12 : If you wanna use fake instruments, use fake instruments

Souvenez vous, c'était il n'y a pas si longtemps... Enfin quoi, 16 ou 17 ans ? Le rock à papa, les requins de studio, tout ça avait (re)pris un coup dans l'aile, la musique était à nouveau à tout le monde : aux descendants de l'esprit punk, aux mecs bidouillant de l'électro dans leur chambre, aux sampleurs, aux artistes qui osaient bousculer les règles et décider que si pour eux ça sonnait, ça sonnait, même si ça ne sortait pas de 6 mois de travail méticuleux par des pointures.

Oui, souvenez vous, c'est à cette époque que les groupes de rock, ou de variété, s'acoquinaient tout à coup avec les DJ, affirmant à qui voulait bien l'entendre "qu'il y avait toujours eu un côté dance dans leur musique", et que non non, ça n'avait rien d'opportuniste tout à coup de se mettre à faire de la drum'n'bass ou du trip hop. C'était cool. Et c'était plus que ça. Parce qu'il est facile de voir l'usage de l'électronique et des machines com me un moyen de se remettre à la page, et dire du bien de Daft Punk, en 1996, c'était on ne peut plus tendance.

Mais c'est beaucoup plus que ça. C'est une avancée majeure qui a permis la libération d'une génération d'artistes qui ont pu tout à coup se dire "moi aussi je peux faire de la musique, même si je ne suis pas un musicien". Libérer l'expression, détacher la composition et la production de la performance. Ca a donné des choses importantes dans l'histoire de la pop, qu'on a vite fait de balayer d'un revers de main : les premiers OMD, les Pet Shop Boys, Depeche Mode, Soft Cell. Qui venaient de Kraftwerk, voire de Suicide et de leur orgue à boite à rythme... Qui allaient eux-mêmes influencer, malgré eux souvent, de l'autre côté de l'atlantique les pionniers de la techno, et retour en Europe, pour créer une génération à laquelle appartient Thomas Bangalter et Guy Manuel de Homem Christo. Deux types qui se réapproprient aujourd'hui les vieilles valeurs du rock à papa.

Shaking The Habitual

Parce que Daft Punk, il y a peut-être eu "punk" dans leur nom, et ça a eu un semblant de sens lorsqu'ils bricolaient leur house à base de samples de disco et de TB 303 distordues, mais ces jours ci, ça ne semble plus trop être leur truc. Non, en lisant leurs dernières interviews, on a plutôt l'impression d'entendre des vieux requins de studio bavant sur la techno, cette musique sans âme qui "tourne en rond", et sur ces artistes qui osent faire de la musique sur leur ordinateur, détruisant la belle idée du gros son de studio, et le bon vieux temps où on pouvait se payer Nile Rodgers pour faire ses guitares.

Et s'ils disent ça, c'est sans doute parce qu'ils peuvent se payer Nile Rodgers pour faire leurs guitares. Mais guess what ? On n'a pas besoin de se payer Nile Rodgers. Tiens, tu peux prendre l'album anti Random Access Memories de ce début d'année : Shaking The Habitual de The Knife. C'est marrant, hein, The Knife, ils sont 2 aussi. Masqués aussi. Et ils font de la musique électronique, aussi. Pourtant, à l'écoute de Shaking The Habitual, leur 3e album complètement taré, on n'a pas l'impression d'écouter un groupe emprisonné par ses boucles. Ils poussent constamment les meubles, ils abattent les murs, ils inventent des sons qui n'ont aucune origine définie, aucun genre comme ils disent, ils explosent toutes les limites, prennent leur temps (l'album fait 100 minutes), s'étalent dans l'espace avec une pochette qui explose la rétine.

C'est un hold up. On rentre dedans ou pas, tellement certains titres paraissent totalement inaccessibles de l'extérieur, mais quand on y rentre on ne veut pas en sortir. Et à aucun moment, étrangement, on ne ressent le besoin d'entendre un guitariste funky des années 70 te remettre le groove dans ta face, ou des vocoders chanter des banalités, pour nous libérer de cette infamie bricolée à la maison qui tue la belle notion de l'album produit en studio avec de gros moyens, pendant 5 ans. Il y a un morceau basé sur le son d'un foutu ressort rouillé.

"If you wanna use guitars, use guitars"

Le truc c'est ça. Rien n'est une prison, tout dépend de la manière dont on le fait évoluer. Daft Punk se sont retrouvés prisionniers de leurs boucles, parce qu'à écouter leur précédent album, Human After All, ils n'avaient plus la moindre idée de comment les faire vivre. Dans le documentaire qui accompagnait la réédition de Violator en 2006, Andy Fletcher se rappelait du producteur, Flood, qui incitait Depeche Mode à utiliser des guitares s'ils le souhaitaient. Pour sortir de leur moule, de leurs règles qui les interdisaient. "If you wanna use guitars, use guitars". Il disait pas ça à Fletch, parce que Fletch, tout ce qu'il fait dans DM, c'est lire le journal et faire semblant de jouer. Et manger. Mais ça n'est pas le sujet.

Et DM, donc, a eu sa petite crise de rock'n'roll aussi, le truc c'est qu'ils n'ont pas utlisé ça comme moyen de se renier, de chercher la légitimité des vieux rock critics en avouant s'être trompé tout le long, prisonniers qu'ils étaient de la rigidité de la musique électronique. Ils ont utilisé ces influences blues et ces guitares pour alimenter leur son. Ils n'ont jamais tiré un trait sur leur histoire, et d'ailleurs ils sont revenus vers une musique plus électro par la suite. Bon, j'arrête parce que je suis à nouveau en train de parler de Depeche Mode.

Tout ça pour dire que l'on se fiche de l'origine des sons, de savoir que ça vient du guitariste de Chic ou du MacBook Air d'un gamin dans sa chambre, que ce soit un instrument acoustique ou un sample, que ce soit joué en live ou programmé. Ca n'a aucune incidence sur le fait que c'est de la "vraie" musique. Les synthés, les boites à rythmes et les sampleurs existent depuis des décennies. Ca ne se discute même plus.

Mais aujourd'hui, admettre que le nouveau Daft Punk, que j'aime beaucoup d'ailleurs, est juste un habile trip rétro, c'est mal. C'est ne pas comprendre le génie de ces robots qui se sont "extraits de la mode", qui redonnent la vie à la musique, comme le dit la première plage de leur album, tout ça parce qu'il y a un vrai batteur (qu'on entend trop d'ailleurs, comme s'il devait justifier sa présence). Sauf que moi, j'admire les quelques envolées de l'album, Giorgio By Moroder, Motherboard ou Contact, je trouve ça chouette, un peu trop virtuose et bavard, mais très beau quand même. Mais ça c'est bien, OK. Daft Punk a réussi à en tirer quelque chose qui marche pour eux.

Quand Giorgio Moroder montre la lune, Daft Punk le prennent en photo et ajoutent un filtre vintage

Mais rendre la musique vivante, c'est aussi la faire évoluer, la faire bouger, mettre de la spontanéité là dedans, bousculer l'ordre établi. Imposer de nouveaux sons, dire "ça c'est de la musique, parce qu'on en a décidé ainsi", même si ça fait grincer les dents des grands noms de la critique rock. SURTOUT si ça fait grincer les dents des grands noms de la critique rock. Je me souviens des critiques à l'époque de Human After All, en pleine époque de "retour du rock", quand Eudeline les massacrait sur 4 pages. Je me souviens qu'à l'époque j'avais trouvé ça tellement con que j'avais arrêté d'acheter Rock & Folk. Pourtant les mêmes aujourd'hui viennent leur graisser la patte, et les lire comme on lirait une vieille gloire des 70's, adoubés par Philippe Manoeuvre, ça m'attriste un peu.

Random Access Memories est un bon album, vraiment. Riche, ambitieux, intelligent, avec un vrai concept derrière. Gâché un peu, pour moi, par cet étalage de musiciens virtuoses et d'invités qui mettent à mal son unité et la sincérité de sa démarche... Mais il est surtout dommage de devoir attendre les 2 dernières pistes pour entendre les Daft refaire "la musique du futur" dont parle Moroder dans son titre hommage. Le gars parle de se libérer des concepts d'harmonie et des préconceptions, et au lieu d'utiliser cette leçon pour repousser les limites de leur musique, ils se contentent de faire... Du Giorgio Moroder. Il y a un moment génial dans ce titre, la fin, où un synthé se transforme en un bass drum analogique qui se met à esquisser un rythme... Qui s'arrête pour laisser la place à la chanson suivante. Une ballade mielleuse au piano, où un robot s'interroge sur le sens de sa vie. "Please tell me who I am" demande-t-il. Tu es Daft Punk, et tu faisais de la fichue musique électronique avant. Ressaisis-toi. Il y a encore du bon en toi !

Episode 11 : How To Disappear Completely

À la fin de The Dark Knight Rises, désolé pour le spoil mais c'est bon, vous l'avez tous vus maintenant, Batman fait genre j'ai pas réparé le pilote automatique et je vais me sacrifier au large avec la bombe nucléaire qui menaçait de pêter sur Gotham. Sauf qu'il l'avait réparé le pilote, et qu'il avait prévu son coup pour refaire sa vie avec Selina, genre incognito, et boire des coups en terrasse à Florence, coucou Alfred tout ça.

Revenir sans réapparaître

David Bowie, quelque part, est une sorte de super héros. Il partage au moins avec eux le goût des identités multiples, et la capacité à réinventer son histoire en traversant les décennies. Mais surtout, ces 10 dernières années, David Bowie a disparu. Il s'est fondu dans la foule, sous son identité privée, celle que personne ne connaît, et qui pourrait tout aussi bien être sa vraie identité, comme un déguisement de plus, comme Bill décrit la relation entre Superman et les humains dans Kill Bill vol 2.

Le génie de Bowie consiste bien entendu à entretenir le mystère : il revient mais sans revenir. On a bien un album, plutôt bien fichu d'ailleurs, même s'il aurait tout aussi bien pu ne pas le sortir. À ce point d'une carrière, l'artiste fait ce qu'il veut, il n'a plus rien à prouver, et un nouvel album n'est qu'une communication avec le monde extérieur. David Bowie a décidé qu'il avait quelque chose à partager. On l'en remercie, parce que The Next Day est un bon disque, qui n'apporte rien à son oeuvre déjà assez riche, mais on sent que les chansons sont là, le son, l'envie, aussi. Personnellement, ça me suffit, même si je n'irai pas me réveiller la nuit pour l'écouter.

David Bowie The Next Day

Sauf qu'on n'est finalement pas plus avancé. Des photos sont passées, juste assez pour prouver qu'il était en vie et visiblement heureux. Bowie ne réapparait pas : il se fond avec sa légende. La pochette qui recycle Heroes, la simultanéité entre la sortie de l'album et une exposition sur ses multiples visages, les photos officielles qui le voient poser avec son image, la couverture masquée du New Musical Express, la promo de l'album assurée par son entourage, David Bowie réussit à revenir sans dissiper le mystère qui plane autour de lui. On pourrait apprendre demain qu'un hologramme tournerait à sa place, et on ne serait pas plus étonnné que ça. Après tout, a-t-on eu la preuve formelle que Bob Dylan n'était pas conservé artificiellement en vie ?

S'effacer sans disparaître

Hasard ou émulation, David Bowie n'est pas le seul à effectuer un retour fantôme. 2013 voit également le retour de Daft Punk, qui ont réglé le problème de la présence physique depuis longtemps en envoyant des gusses masqués tourner et faire de la promo à leur place (vous n'avez quand même pas cru à cette histoire de robots ?), et celui de The Strokes, un groupe dont on ne sait plus trop s'il existe encore autrement que virtuellement. En 2011, Julian Casablancas faisait studio à part pour poser ses voix sur un album que le reste du groupe avait écrit sans lui. On en venait alors à se demander si la fin n'était pas imminente.

The Strokes Comedown Machine

Un nouvel album, Comedown Machine, vient de sortir, mais qui l'a vraiment enregistré et quand ? Ces derniers mois, les rumeurs de sessions étaient confirmées par les uns et démenties par les autres. Comme Angles, Comedown Machine est tellement bourré de synthés, de boites à rythmes et de voix processées à mort qu'il pourrait tout à fait avoir été généré automatiquement. Je force le trait parce que j'aime beaucoup l'album, le côté synthés 80's ne me gène pas, j'adorais l'album solo de Casablancas et Angles, malgré tout ce qu'on a pu dire et écrire dessus. Mais alors que sort ce disque, l'existence du groupe reste à prouver : la pochette imite une boite de bande magnétique vierge, le livret a pour seul visuel des silhouettes des photos qui ornaient leur premier album, Is This It ?, et le clip du premier single est une compilation d'images d'archives du groupe. Pas d'interviews autrement qu'en coup de vent, aucun concert annoncé. On croirait une communication de best of de fin de contrat.

Exister sans apparaître

Comme pour Bowie, tout cela est trop gros pour ne pas être calculé et conceptualisé. La rareté, le mystère, ça marche. Surtout en ces temps de réseaux sociaux et d'omniprésence. Demandez aux Daft : ils balancent un visuel, 15 secondes de musique et des durées de pistes sans nom et tous les médias sont à leurs pieds. Des blogs de rumeurs se créent. Des petits malins créent des mashup et de vrais faux morceaux à partir des quelques mesures distillées. Personnellement, je préfère pleurer devant ce buzz au compte gouttes que faire le deuil anticipé des New Yorkais, tout de même actifs pour des moribonds. Comedown Machine arrive 2 ans après Angles, ils n'avaient pas sorti un album aussi rapidement que depuis Room On Fire. Désir retrouvé ou liquidation ? L'annonce imminente d'une tournée mondiale, comme celle de leur séparation n'aurait, là encore, rien d'étonnant.

Depeche Mode Delta Machine

Delta Machine est le 13e album de Depeche Mode, et il sort 32 ans après le premier. Pour situer les choses dans le contexte, en 1994, 32 ans après la sortie de leur 1er album, les Rolling Stones sortaient Voodoo Lounge, sans doute un des premiers albums des Stones qui les faisaient paraitre vieux, anciens même. Il est d'ailleurs assez amusant de constater que même l'époque où on commençait à trouver les Stones vieux est déjà loin.

En 1994, Depeche Mode achevaient, c'est le mot qui convient, la tournée de l'album Songs Of Faith and Devotion, un album qui a aujourd'hui 20 ans. Depeche Mode commencent à faire vieux.

Il est donc assez épatant de les voir sortir un album qui les rajeunit autant.

Et la comparaison avec les Rolling Stones n'est pas complètement hasardeuse, car Delta Machine est principalement un album de blues. Electronique, certes, mais de blues. Ce qui ne devrait étonner personne, puisque du blues, Depeche Mode en fait régulièrement depuis que Martin Gore a découvert la guitare. De Personal Jesus à I Feel You en passant par Clean, Corrupt, John The Revelator, Freestate, Mercy In You ou Dream On, les influences ont toujours été là.

Mais sur Delta Machine, elles constituent la colonne vertebrale de l'album. Par le nombre de chansons bâties sur des rythmiques blues (j'en compte 6), mais surtout dans l'interpretation et la façon d'aborder les thèmes, que ce soit la voix de Dave Gahan, livrée brute de décoffrage, les guitares de Martin ou ses textes. Delta Machine est un album cru et minimaliste qui s'embarrasse rarement de plus que quelques habillages électroniques. Est-ce la fréquentation de Soulsavers par Dave Gahan qui a rallumé la foi et la dévotion, ou la parenthese VCMG qui a visiblement permis à Martin Gore de se vider la tête de toute ambition dancefloor ? (que l'on retrouve quand même par petites touches, notamment sur My Little Universe)

En fait, si on devait reprocher quelque chose à Delta Machine, ce serait presque son absence de tact. Certains textes s'articulent de manière trop rudimentaire, certaines allusions sexuelles sont trop directes, certains arrangements auraient pu être plus travaillés, et oui, Martin Gore tourne avec le même vocabulaire depuis 20 ans, et il y est question d'âme, d'anges, de souffrance et d'obscurité. Mais à défaut d'innover, voir le post précédent, Depeche Mode se concentrent sur ce qu'ils savent faire le mieux, et le font avec une énergie et une simplicité qui rendent l'album contagieux.

Son prédecesseur, Sounds Of The Universe, souffrait parfois des choix de production et de programmation un peu trop minimalistes de Ben Hillier. Ici, les choix tournent presque tout le temps à l'avantage des chansons, qui gagnent un côté visceral, renforcé par un Dave Gahan au sommet de son art. Comme interprète, où il brille dans les montées en puissance, ou plus rare, dans les aigus, mais aussi comme auteur de textes décidément de plus en plus assurés. Epaulé par un nouveau compositeur, il signe notamment 2 chansons parmi les plus fortes de l'album, Broken et Secret To The End, de celles qui nécessitent vérification dans le livret, pour savoir qui a écrit quoi. Au final, Delta Machine n'apporte pas grand chose à une discographie déjà bien pleine, rien d'autre que l'essentiel : l'envie de le réécouter.

 

Depeche Mode Delta Machine

Episode 10 : éloge de l'absence d'évolution

Il y a quelques temps j'écrivais sur des groupes de vieux qui se reforment, pour que des gens comme moi, qui prennent toujours tous les trucs en retard, puissent les voir sur scène, et accessiorement pour payer le divorce du chanteur, mais moi ça me va tant que c'est bon. Et ça l'était. Aujourd'hui, j'évoquerai le cas de l'artiste qui n'a pas sorti de disque depuis 11 ans, voire 21 ans, tellement longtemps qu'on ne l'attendait plus, et je précise d'emblée que je ne parlerai pas de David Bowie, qui fera l'objet d'un autre article. Alors, quand je dis que j'attendais, ça n'est vrai que pour l'un d'entre eux. Parce que je ne fais pas partie des gens qui ont attendu le successeur de Loveless, le 2e album de My Bloody Valentine, depuis 1992. Parce que je l'ai découvert en 2000. Donc je n'aurais attendu que 13 ans, et encore, en fait je n'ai jamais vraiment rien attendu, parce que j'aimais tellement cet album que je n'attendais rien de plus. Pour moi, Loveless c'était parfait, ça n'avait besoin de rien d'autre.

Et c'est comme ça qu'il faut écouter m b v : comme quelque chose que l'on n'attendait pas, et qui arrive en fait comme s'il arrivait 2 ans après Loveless, même typo sur la pochette, même son, mêmes voix ethérées, même impression d'avancer dans de la barbapapa. C'est comme si rien n'avait changé, ça sonne pourtant moderne, à un moment on croit deviner le moment où Kevin Shields, se réveillant accidentellement de son sommeil cryogénique, a vaguement entendu des notes de drum'n'bass, ou Treefingers de Radiohead, un truc comme ça, et s'est rendormi. Mais pas plus que ça, juste assez de "modernité" et de "réinvention".. Et c'est très bien comme ça, parce que m b v, et c'est ça qui est bon, sonne comme du My Bloody Valentine, et comme rien d'autre, celui qu'on avait laissé, intact. Et en l'écoutant, je me suis dit "pourvu que le nouveau Suede soit comme ça".

Parce que celui là je l'ai attendu. Je m'étais fait à l'idée qu'il ne sortirait jamais, et en fait ça m'aurait été, parce que suivre les hauts et les bas de Brett Anderson en solo me suffisait, après tout, si Brett était heureux en sortant des ballades au piano comme celles du très beau Wilderness, ça m'allait aussi. Mais j'espérais quand même. Il l'avait promis quand le groupe s'était séparé après A New Morning, un album pas mauvais mais fatigué. Il avait promis qu'un nouvel album sortirait, peut être un jour. Et finalement, quand la reformation eut lieu, ça tombait bien, parce que Brett Anderson venait de sortir quelque chose qu'il n'avait encore jamais fait. Un mauvais album solo (Black Rainbows, on n'en parle pas et on oublie). Alors ça peut être bon comme mauvais signe : après ça on peut être tenté de se raccrocher aux wagons de son ancien groupe, et ça ne produit pas toujours le résultat escompté.

Heureusement, Bloodsports, le nouveau Suede, est... Presque un miracle. Parce qu'il faut se rappeler ce que c'était devenu Suede, à la fin, réécouter les faces B de A New Morning, la voix de Brett toute pêtée par la cigarette, les textes gnangnan, la production trop lisse, trop propre... Ca faisait un peu peine à entendre, du groupe qui avait fait Animal Nitrate, The Asphalt World, Stay Together, Trash, Lazy... Alors, entendre un album de Suede en 2013, même s'il n'apporte rien, même si tout n'est pas au top, mais bordel, un album de Suede avec de belles guitares, des mélodies élégantes, un Brett qui chante avec passion des textes à peu près inspirés, ça ne changera peut être pas grand chose, mais ça fait du bien. De savoir qu'on peut reformer son groupe 10 ans après et en tirer quelque chose de plus qu'une tournée des hits. Qu'on peut s'endormir pendant 22 ans et boucler un album comme ça, comme si de rien n'était, et que ça sonne comme avant. C'est bien d'évoluer, de se réinventer. Mais ça n'a jamais été obligatoire, et parfois ça n'est pas ce qu'il faut faire. Parfois, la flamme retrouvée suffit.

 

Suede mbv

Episode 9 : Sssshhhhh...

Il arrive parfois qu'un groupe fasse ce qu'on n'attend pas de lui. Qu'il sorte de sa bulle, et sorte quelque chose qui crée une rupture, qui divise. Voire, un malaise, un décalage tellement important qu'il paraît embarrassant, par moments, quand on est confronté à ces nouvelles chansons, dans le mauvais contexte, disons par exemple dans celui d'un concert dans une grande salle, où des dizaines de milliers de personnes s'attendent à prendre leur pied sur des hits.

Et au lieu de ça, ledit groupe essaie tant bien que mal de tirer le public vers lui, de créer une intimité, un moment spécial ou tout le monde se tait pour communier autour d'un blues minimaliste.

Et c'est à ce moment qu'un gros connard se met à hurler. Le gros connard qui attend Enjoy The Silence et Never Let Me Down Again. Et qui n'aime pas, mais alors pas du tout Exciter.

C'est alors que se crée le malaise. Et même ceux qui voudraient communier, qui voudraient que cette magie fonctionne, sont embarrassés. Et c'est alors que se crée le divorce entre votre serviteur, et cette espèce un peu étrange que l'on nomme les fans de Depeche Mode.

Parce que moi, j'adore Exciter. Et je n'aime jamais autant Depeche Mode que quand ils créent cette rupture, et parviennent à m'étonner, à m'emmener là où je ne les attendais pas. Oh bien sur, j'aime ma dose de tubes avec des gros synthés et de la guitare façon Enjoy The Silence, et quand DM s'est remis à faire des gros tubes qui sonnaient un peu comme Enjoy The Silence, sur Playing The Angel, j'ai pris, tu parles.

Mais ce côté zen, ce minimalisme auquel je ne m'attendais pas, la première fois que j'ai écouté Dream On, la première fois que j'ai entendu Shine ou Freelove, la beauté et la simplicité d'une ballade comme When The Body Speaks, même si les paroles sont simples, même si les accords du refrain sont pompés sur Space Oddity... Moi, un groupe qui fait ça depuis 20 ans (à l'époque), qui sort d'une période aussi tumultueuse qu'a été Depeche Mode à la sortie des années 90, et qui arrive à te surprendre en restant calme, en faisant preuve de retenue plutôt qu'en jouant la surenchère...

On dira ce qu'on voudra d'Exciter, que Martin Gore avait une panne d'inspiration, et on le sent sur certains textes, qu'il n'y a pas de single, que ci que ça. Le fait est que cet album a la classe, qu'il vieillit très bien et qu'il prouve ce que je me disais il y a quelques jours, lorsque je regardais les requetes Google du Bong.

Et les gens qui ont cherché "Heaven un single décevant" ou "Depeche Mode Heanven chanson de merde" (les gars, vous avez quoi dans le cerveau ?), je les revois en 2001 à ne pas répondre aux appels de Dave Gahan pour reprendre la fin de When The Body Speaks, ou à gueuler parce qu'ils n'ont pas eu leur ration de tubes.

Parce que voilà quand tu t'appelles Depeche Mode, tu n'as plus le droit de sortir une ballade en premier single. Et puis non faut pas qu'il y ait trop de guitares (lu sur Facebook, parmi les 57784 commentaires sur le clip). T'as pas autre chose depuis ce temps ? Tu veux pas aller pourrir les fans d'Indochine plutôt ? Chercher "Nicola Sirkis futur simple" ou "Memoria paroles consternantes" ?

People.

Alors il y avait des trucs un peu nuls sur Exciter aussi. Genre quand ils essayent justement de faire du Depeche Mode qui fait un peu de bruit. Genre The Dead of Night, cette espèce de chanson pseudo Marilyn Manson avec des paroles toutes moisies sur des vampires et des zombies et tout ça. Avec des bodies in chains, et des trucs décadants et tout. Et I Feel Loved est un peu nase aussi. "It's the dark night of my soul", oui non mais Mart, ok, c'est bon t'es trop goth. Mais il y a Freelove. Et quand arrive Freelove, son riff de guitare, la voix de Dave Gahan mise à nue, le texte. "If you've been hiding from love, I can understand where you're coming from". Mais fuck yeah, absolument ! Désarmant.

Je ne sais pas ce que Depeche Mode va jouer en tournée. Je vois mal Dave nous la faire au milieu du Stade de France "bon les gars on va tous se calmer et communier autour de Mart et sa guitare magique". Mais s'il y a d'autres moments aussi élégants que Heaven sur Delta Machine, faire fi des gros lourdauds et jouer deux ou trois morceaux d'Exciter ne serait pas totalement malvenu. Un petit Goodnight Lovers pour nous envoyer dans les étoiles en douceur plutôt que de nous laisser sur un gros tube. Un When The Body Speaks ou un Shine, tiens, ils n'ont même jamais joué Shine.

Merde, j'ai oublié de sauter I Feel Loved.

Sshhhhhhhh...

Depeche Mode - Heaven

Comme les cadeaux de Noël qu'on entrouvre avant le 25 décembre, un internaute russe qui n'en a pas grand chose à foutre des traditions a mis en ligne le nouveau single de Depeche Mode, Heaven, 2 jours avant sa publication officielle. Dans la plus pure tradition du premier single d'un album de Depeche Mode qui prend par surprise, c'est une ballade classe et calme, avec de chouettes harmonies vocales de Martin Gore, la preuve que Dave Gahan chante un peu mieux tous les 5 ans, et une production toute en finesse. C'est par là, et il y a la face B aussi.

http://vk.com/wall-13531580_6602